«Gilles le skieur» et sa Dent Blanche

Posté par davidcarlierphotographyTexte 30° Magazine / Images David Carlier

«Gilles le skieur» offre une nouvelle preuve d’amour à sa Dent Blanche

Skieur de pente raide, le Valaisan Gilles Sierro revient sur son exploit dans la face Est – sud-est de la montagne phare du Val d’Hérens.

«Mon histoire avec la Dent Blanche continue! Avec cette troisième descente, il ne me reste plus qu’une face et j’en aurai fait le tour.» Le 22 avril dernier, Gilles Sierro offrait une énième preuve d’amour au plus beau 4000 m du Val d’Hérens en dévalant son exigeante face Est – sud-est, préalablement gravie crampons aux pieds et piolet-traction dans chaque main. «Gilles le skieur», comme il est surnommé, rêvait depuis longtemps de ce run inauguré en 1988 par son ami Dédé Anzévui – qui s’était à l’époque fait déposer au sommet en hélicoptère. Le tournage des «13 Faces du Valais», le film célébrant le bicentenaire du canton, lui en a donné l’occasion, avec l’aide inespérée d’une fenêtre météo de 4 jours et de bonnes conditions d’enneigement.

C’est sous le regard du photographe et réalisateur David Carlier, très attaché à montrer cette montagne mythique dans son documentaire, que Gilles Sierro a tenté l’aventure. Après avoir bivouaqué au pied de la face, le natif d’Hérémence a amorcé son ascension au lever du jour, avalant les 800 mètres de dénivelé le séparant du sommet (4357 m) en tout juste 2h30. «C’était indispensable de monter par moi-même. Utiliser un hélicoptère m’aurait dérangé mais, surtout, je devais repérer le parcours de la manière la plus précise possible. C’est ce qui m’a permis de n’avoir qu’une juste dose d’appréhension et de faire que cette descente ne soit que risquée et non pas dangereuse.» Guide de montagne de profession, Gilles est du genre perfectionniste – et à juste titre… Une fois avalés les dix premiers virages, pas trop raides, il doit en effet faire le reste de la descente «à l’aveugle»: la pente atteignant 50° en moyenne et jusqu’à 55° sur certaines portions, il ne voit pas vraiment où il va! «Dans ces endroits bourrés de barres rocheuses, la chute est proscrite car synonyme de mort quasi certaine», rappelle Gilles. Son arme: des skis larges ultra affutés dont il a collé les vis de fixation pour l’occasion.

La face est ensoleillée et la neige, pas encore transformée, prend la forme de poudreuse tassée sur le premier tiers, avant de devenir plus lourde sur le reste de la descente. Aux frissons s’ajoute finalement un plaisir non dissimulé. L’exploit est modestement célébré dans un restaurant avec l’équipe de tournage, avant que Gilles ne mette le cap sur la Scandinavie, pour guider des clients. Et maintenant? L’Hérémensard a, dit-il, au moins deux autres pentes raides de sa région natale en tête, mais refuse de préciser lesquelles. Ils seraient au moins cinq à rêver d’être les premiers à les déflorer. Alors… chut et discrétion jusqu’au prochain exploit.


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